Musicothérapie, situation de handicap

Lorsque j’avais l’âge d’être à l’école primaire, je devais emprunter pour m’y rendre, un petit chemin que j’aimais vraiment bien. J’arpentais les rues du nouveau village jusqu’à arriver vers l’ancien où se trouvaient les bâtisses de mon école. Il me fallait passer devant le petit jardin où les anciens jouaient à la pétanque. J’y voyais parfois mon grand-père. Il ne parlait pas ma langue, ou plutôt, je ne parlais pas la sienne. Mon grand-père était un grand homme mince, toujours élégant, vêtu de son beau pantalon noir à pinces, sa chemise blanche et son chapeau qu’il ne quittait que lorsqu’il revenait au foyer. Il vivait avec nous. Il m’impressionnait, il parlait l’espagnol, l’andalou pour être précise.

Mais le cœur du sujet de cet article que vous lisez n’est pas là. Sur le chemin de l’école, il y avait une maison et dans cette maison, une famille. Et dans cette famille, un enfant qui souffrait du syndrome de Dawn. Trisomie 21. C’était une petite fille blonde. Cela, je m’en souviens bien. Et lorsqu’elle nous voyait arriver, elle avait sûrement beaucoup de joie à rencontrer des enfants de son âge. Elle venait alors vers nous, et nous pinçait ! C’était sans doute sa façon à elle de manifester son contentement. Moi, elle me faisait peur.

Photo : Sportif de Haut-Niveau en Para Tennis de Table Adapté : Jean Bachevillier

Ce ne fut que trente ans plus tard, que la vie me mena à nouveau vers des personnes incroyables, merveilleuses. Des personnes que l’on dit en « situation de handicap ». Permettez-moi de sourire en citant cette formule  » politiquement correcte  » : Je me suis souvent dit que les « ordinaires », les « neurotypiques », vous et moi en somme, sommes dans le best-off des personnes avec handicap. (libre à vous d’interpréter si vous le voulez). J’avais donc déjà presque quarante ans quand je me disposais à pratiquer la musicothérapie avec des personnes souffrant d’un handicap mental. Je devais alors pratiquer un mode de communication sans expression verbale.

Si le cerveau ne possède pas de façon égale chez chaque être humain, des facultés cognitives, il n’en demeure pas moins que le cerveau archaïque ce bon cerveau reptilien, reste le même chez chacun de nous. (l’égalité cérébrale « par endroits »). Et en cela, nous sommes tous égaux, noirs, blancs, jaunes rouges, verts et bleus. Femmes, hommes, enfants et adultes : Nous vivons avant tout pour subvenir à nos besoins primaires : Nous nourrir, dormir, boire… et autres besoins fondamentaux comme recevoir de l’affection.

Savez-vous cela ? Il n’y a pas plus authentique, plus sincère, qu’une personne ayant un handicap mental. En cela, je remercie la vie de m’avoir permis cette rencontre.

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